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Interview de M. Régis Blondeau
Directeur du centre SMS de l’Ecole Nationale Supérieure des Mines de Saint- Etienne
Le marché de l’acier compte beaucoup d’acteurs. A l’encontre de bien des idées reçues, il reste très atomisé malgré les chiffres colossaux qu’on a pour habitude de lui associer.
La France, elle, est le berceau d’un des trois groupes sidérurgiques européens qui ont décidés de se regrouper pour fonder la société Arcelor, devenue depuis n°1 mondial : l'espagnol Aceralia, le Luxembourgeois Arbed et le Français Usinor. Cette société emploie à ce jour 104000 personnes.
Pour évoquer les évolutions majeures de ce secteur, nous avons décidé de donner à la parole au directeur du centre SMS de l’Ecole Nationale Supérieure des Mines de St-Etienne…
La carrière de M. Régis Blondeau a suivi le cours tumultueux emprunté par la société Creusot Loire avant d’être reprise par Usinor. Riche de plus de 25 ans d’expérience en industrie, il prend un nouveau tournant en 94 pour rejoindre l’équipe de direction de l’Ecole des Mines.
Nous en profitons pour le remercier encore pour la pédagogie de ces explications.
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A COMM T : « Monsieur Blondeau, pourriez-vous, en quelques mots, résumer votre carrière dans l’industrie» ?
M. Blondeau : « avant de parler de carrière, il faut parler formation. Ma position à l’Ecole des Mines m’engage à rappeler l’importance de ce point qui détermine, du moins pour un ingénieur, toute sa carrière. J’ai donc suivi les cours de l’INPG pour ensuite travailler en tant que chercheur au centre de recherches des matériaux du Creusot (CRMC) de la SFAC, qui deviendra CREUSOT-LOIRE un an apès du fait de la fusion entre SFAC et CAFL.
Après une période de développement soutenu (jusqu’à 150 personnes ont travaillé au CRMC), la société subit de plein fouet la crise sidérurgique des années 80.
En 1984, alors que j’ai la responsabilité du poste de directeur du centre de recherche depuis seulement 2 ans, Creusot Loire industries dépose le bilan et est rachetée par USINOR. En 91, je prends en charge l’établissement du centre de recherche d’Unieux ‘Unirec’, à quelques kilomètres de St-Etienne.
En 92,‘Unirec’ devient ‘Irsid’ et emploie 185 personnes sur ce site. A cette époque, plus de 2000 personnes étaient réparties sur les 12 laboratoires de recherche du groupe USINOR.
94, a été l’année de la réorganisation. Les 3 établissements de l’IRSID ont été regroupés sur le site de Maizières les Metz. Pour ma part, ,’ai rejoint l’Ecole des mines de Saint-Etienne, pour prendre la direction du Centre SMS qui venait d’être constitué en regroupant les départements de l’école travaillant sur les matériaux.
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A COMM T : « nous avons bien compris que la production d’acier a connu un contexte agité ces dernières années. D’un point de vue technique, quelles évolutions majeures a connu ce matériau ». |
M. Blondeau : « on a pour habitude de dire qu’au moins 50% des aciers disponibles aujourd’hui, n’existaient pas il y a 5 ans. Les esprits chagrins, vous diront eux, qu’il ne s’agit pourtant que de mélange de fer et de carbone.
Sous la pression de l’industrie, notamment automobile et en étroites relations avec les centres de recherche comme le nôtre, de nombreuses variétés d’acier ont été créées pour répondre aux normes en vigueur aujourd’hui. Que ce soit en terme de sécurité, de respect de l'environnement et de ses propriétés physiques et mécaniques, il compte de multiples atouts par rapport à ses concurrents aluminium, céramiques ou composites. Il se recycle bien. Rappelez vous, ce que les réalisateurs de film vous montrent en soulevant une voiture avec un énorme aimant dans une casse.
A côté de ça, les process de fabrication sont parfaitement rodés. L’acier se soude, ce n’est pas le cas de tous les matériaux. Sa résistance peut dépasser maintenant un niveau de 100kg / mm2. En terme de crash test pour l’automobile, ce n’est pas qu’un chiffre ! Par ailleurs, l'utilisation accrue des aciers à très hautes résistances et de nouvelles générations d'acier permettent des allègements conséquents. Plus léger, signifie bien sur, moins consommateur d’énergie ».
| A COMM T : « dernière question d’un point de vue économique et en tenant compte de la monté de la prise de conscience des enjeux de l’écologie, comment voyez vous l’avenir de l’acier » ? |
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M. Blondeau : « savez vous que de nombreux équipements sont déjà réalisés à partir d’acier de récupération ? La filière des fours électriques, une des deux filières, a pour objet de récupérer ce qu’on appelle la ferraille et de produire de l’acier à partir de ce matériau. Bientôt, nous verrons des usines de déconstruction automobile.
Par ailleurs, grâce au travail de la recherche, l’acier est encore et toujours un matériau qui représente un excellent rapport coût / performance. Les raisons sont intimement liées aux solutions d’allégement proposées et à la durabilité du matériau. Autre apport de la recherche dans ce domaine, les constructeurs savent maintenant utiliser des revêtements qui vous garantissent une qualité anticorrosion bien meilleure que celle que connaissaient vos parents. Oui, je suis confiant dans l’avenir de l’acier».
Si vous souhaitez être l'objet du prochian éditorial ou si vous souhaitez soumettre un sujet, contactez A COMM T ou l'équipe de MecaWeb.info.
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